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Publié : 18 septembre 2012
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Qui était Jean Texcier ?

Jean Texcier (1888-1957), un homme libre, l’un des premiers résistants contre l’occupation nazie.

Né à Rouen, fils d’Henri Texcier, un universitaire républicain fondateur de la Dépêche de Rouen, Jean Texcier, admirateur de Jaurès, adhère au Parti Ouvrier Français en 1903, fonde son premier journal, L’Étudiant de Rouen, pendant ses études de droit, collabore à l’organe des étudiants socialistes, La Voix des Jeunes.
Bien que réformé, il s’engage en 1914 (Croix de Guerre, Légion d’Honneur à titre militaire, Médaille Militaire) et adresse aux journaux des correspondances du front.
Après la Grande Guerre, tout en étant fonctionnaire au ministère du Commerce et de l’Industrie, il donne aux Nouvelles littéraires des dessins et des chroniques. Il collabore aussi à La Vie socialiste, et en 1936, revient à la SFIO.

Après la débâcle, il regagne Paris dès le 2 juillet 1940 et se met immédiatement à la rédaction d’un "petit manuel de dignité", Les Conseils à l’Occupé, l’une des premières brochures clandestines. Parmi ces 33 conseils, le 30e constate : "Tu grognes parce qu’ils t’obligent à être rentré chez toi à 23 heures précises. Innocent, tu n’as pas compris que c’est pour te permettre d’écouter la radio anglaise ?" Et c’est sur les ondes de cette même radio que, le 6 octobre 1940, Maurice Schumann cite le 22e conseil sur les ondes de la BBC : "Étale une belle indifférence. Mais entretiens secrètement la colère. Elle pourra servir." Déjà, en septembre, dans une nouvelle brochure, Notre Combat, il proclame résolument : "Le combat que mène l’Angleterre contre l’Allemagne, c’est notre combat."

En novembre, il rédige ses Propos à l’occupé édités et diffusés clandestinement en janvier 1941, puis Les Lettres à François, datées du 15 janvier au 20 février 1941, sur les mystères du "Royaume du double jeu". En mai 1941, c’est La France livrée, une brochure recueillant divers documents sur la collaboration, où il affirme : "Nous continuerons à résister, nous continuerons à saboter la collaboration au cri de "Vive la France libre !"" Il participe avec des syndicalistes à la fondation du mouvement de Résistance, "Libération" (Nord), et devient responsable de son journal, c’est ainsi qu’il siège à partir de l’été 1943 à la Commission de la Presse clandestine créé par le Comité général d’Études de la France libre, fondé par Jean Moulin. Dans la clandestinité, il participe aussi au Comité d’Action socialiste qui regroupe les éléments résistants de la SFIO.
À la Libération, il siège à l’Assemblée consultative.

Après guerre, il collabore à Nord-Matin, le quotidien socialiste de Lille, donne des chroniques d’histoire, de littérature, de philosophie au Populaire-Dimanche, où il expose sa conception du journaliste socialiste : "Le socialiste n’a pas le droit de parler de la "masse inculte", ni de l’offenser en déclarant qu’il faut se mettre "à son niveau" si on lui parle des choses de l’esprit. Il n’a pas le droit de servir à la classe ouvrière des connaissances bon marché, diminuées, trahies, mais l’élever graduellement aux plus hauts sommets."

Source du texte : CRDP Rouen

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